Aujourd’hui, je vous emmène dans le coin de Rennes, dans l’univers de Le Wansky. Je veux vous emmener là où vous n’iriez pas seul. Venez, prenez ma main, on y va ensemble…
Il y a des artistes qui ne font pas que jouer de la musique. Ils sculptent le son, ils le malaxent, lui donnent une forme charnelle qui vibre, en émotions, en nous, et qui réveille des souvenirs enfouis. Voilà ce qu’est la musique, le “Son”, le Mojo, d’Alexandre Jaulin, de son vrai nom. Le Wansky fait partie de cette génération de musiciens qui ont grandi dans le bruit sourd des basses, dans la poussière dégueulasse et la boue des free parties et sous les stroboscopes des tentes et barnums de fortune en mode improvisé, mais “jamais de boissons à coté des machines”. Il est l’héritier d’une scène libre et au destin brisé qui s’est bâtie loin des paillettes, loin des majors et tout aussi loin des labels de niche, à l’ombre des circuits mainstream. Alexandre a su créer son langage, son esthétique, son message, sa vérité.

Sa musique est une traversée mais aussi une réunion, une magnifique liaison. Il charrie les influences d’une époque où l’on découvrait la hardtek comme une révélation, où la tribe et l’acid trance était la came à se mettre dans les esgourdes, comme un battement de cœur qui accélère et s’affole. Sa musique nous parle de ces nuits où l’on se perdait volontairement, où les machines et les séquenceurs étaient des passerelles vers un ailleurs plus grand que nous, assourdissant. Avec des morceaux comme « Tarte à la myrtille », « Bella Ciao » ou « M.U.S.H. », Le Wansky fait plus que produire du son : il exhume une mémoire collective, l’art du sample de “vocals” qui font se taper des barres, les références au “High” et aux Drug-Trips tournées avec un humour noir et conscient, l’art de la mélodie un peu “pas triste” mais “pas joyeuse” non plus et qui fait pleurer parce qu’elle nous ressemble comme si elle avait été faite rien que pour nous quand on etait seul au milieu de 300 autres ravers en trance. Il ravive l’essence même de ce qui nous a fait aimer la musique électronique.
Sa techno, oscille entre hardtek, psytrance et tribe, c’est une alchimie rare. Il est la parfaite métaphore de ce que le métissage est à l’origine des plus grandes merveilles de ce monde, et que les choses les plus simples comme un gros “Kick Pump Bass” dans ta face offrent des plaisirs délicats et nécessaires à la vie sur ce cailloux même pas parfaitement rond dans lequel rien ne tourne rond.
C’est le son et la brutalité des rêves trop intenses, du rêve au réveil les yeux explosés et flous, l’euphorie des nuits sans fin, mais aussi une profondeur presque mystique, incantatoire et transcendante. Chaque drop, chaque kick, chaque ligne de synthé tissée avec minutie est une note, une phrase d’un langage qu’il maîtrise à la perfection, en fait c’est lui qui vous prends par la main, je ne suis déjà plus là, plus visible loin derrière, vous êtes déjà si haut.
Le Wansky n’est pas qu’un producteur, il fait le lien entre l’underground et la lumière, entre la tradition et l’avant-garde, entre les souvenirs d’une génération et les pulsations de la nouvelle, qu’on regarde se fendre des chemins que nous avions pris et traçant sa propre route dans l’univers techno comme avec la Liquid Drum and Bass. Quand il joue, on danse, on ferme les yeux, on sent sur sa peau l’empreinte d’une culture bien plus vaste que ce qu’on imagine et des poils qui se dressent, partout.

Il est temps d’ouvrir grand vos oreilles. Parce qu’il est de ceux qui ne se contentent pas de faire de la musique : il nous embarque avec lui dans un voyage, et ce voyage, croyez-moi, vaut toutes les nuits blanches du monde, ces nuits où tout devient possible…
Je vous pose au milieu, vous allez trouver votre chemin sans moi.
Un album fantastique :
Les classiques:
Les pépites:
Prenez soin de vous.