Je publie l’essentiel de mes micro-chroniques sur Mastodon. Ici, tu ne verras que les 20 plus récentes, histoire de ne pas faire tourner les serveurs de l’instance pour rien.
Pour voir le reste, rends toi directement sur mon profil.
Aujourd’hui je vous emmène dans l’univers dépouillé de Fiona Brice. Née à Northampton, elle apprend la musique au King’s College de Londres puis à la Royal Academy of Music, et devient instrumentiste et orchestratrice. Les violons de Placebo, c’était elle mais elle a bossé seule depuis. Sa musique est une réduction. Comme une sauce dont on concentre les sucs jusqu’au sirop, les mots et les sons s’effacent pour que l’histoire et le décor disparaissent, vaporisés, et qu’il ne reste que l’émotion, celle qui n’a pas de syllabe, brute, abstraite, non taillée, que chacun fera sienne.
Un album d'une douceur indispensable.
#ModernClassical
https://fionabrice.bandcamp.com/album/and-you-know-i-care
Aujourd’hui je vous emmène dans la texture de Thomas Nicol aka Tom VR. A Chester, dans le nord-ouest de l’Angleterre, Thomas s’amuse avec Fruity Loops alors qu’il n’a que 14 ans et en 2026, il dit ne toujours pas vraiment savoir lire la musique ni maîtriser la théorie musicale au sens académique et continue de composer essentiellement à l’oreille. Jouant des combinaisons de percussions accidentées, de bruits résiduels, de synthés scintillants, de nappes mélodiques ultra émotives il révèle les couches de tout un récit, dans un blast de délicatesse et de subtilité qu’on ne retrouve que chez les maîtres du genre.
https://tomvr.bandcamp.com/album/dont-know-how-fast-im-moving-until-i-hit-something-2
Aujourd’hui je vous emmène à Montréal dans les brumes de CLANN. Deux frères qui construisent une électronique cinématographique où cordes frappées s'accordent de cordes caressées, voix spectrales et nappes massives cherchant un continuum ordonné et séquencé. L’histoire de ces deux frères (dont un est mort après l’album) est d’une beauté sombre, presque irréelle. Ils créent une rémanence d’images soudaines et poétiques. Leur musique (l’album fut réalisé du vivant des deux) est un écrin somptueux dont la charge dépend intimement de ce que chacun vient y déposer.
Un OVNI sonore indispensable.
Voilà ce n'est pas une chronique et je radote rarement le même artiste sauf ceux qui m'ont bouleversés certainement, et donc bref, balec donc le Live "Quiet Pieces" est sorti, je sais pas quoi vous dire il est déjà passé trois fois sur moi depuis ce matin et j'ai encore envie de lui.
Alors oui, c'est sûrement pas pour tout le monde, faut aimer les tracks de 10 minutes, faut aimer l'Experiment Drone, mais tout ce que j'peux dire c'est que ceux, ceux à qui ça va parler, ça sera pas en chuchotant ☝️🫠.
C'est 🤯, ça fait 10 ans qu'on attend ça dans la scène ambient.
https://abulmogard.bandcamp.com/album/quiet-pieces-live-at-norbergfestival
Aujourd’hui je vous emmène en Belgique, dans l’univers amoureux de David Shaw And The Beat. Passé par Manchester, Paris et ses clubs, il pose une union entre la pop anglaise acidifiée, mélodique et nerveuse, et une matière plus granulaire, martiale, industrielle, telle qu’on la rencontre en France et en Allemagne. Amours nés du désir et de la chair, crus sans paraphrase, transpirant les matériaux nobles et la sueur. Ses textes parlent de domination, de dépendance, des corps et de la violence des émotions, une poésie noire éclairante nourrie de l’esthétique punk et gothique.
Je vous pose au milieu.
https://davidshawandthebeat.bandcamp.com/album/love-songs-with-a-kick-vol-two
Aujourd’hui je vous emmène dans une expérience sonore. Elle est Géorgienne, il est Berlinois. Elle vient des technologies numériques et de la musique chorale, il vient du post-rock et de la musique concrète. Leur musique est un objet unique qui traverse les univers et les galaxies. Est-ce un automate cellulaire ? Est ce une vie que l’on regarde avec un stéthoscope posé sur notre propre poitrine ? N’est-ce que ce que l’on peut voir si on ferme les yeux ? N’est-ce que le chaos soudain organisé et bouillonnant comme une émergence d’urgence et d’énergie.
Prenez le temps d’une écoute intégrale, le sens en dépends.
#ambient
#experimental
https://robertlippok.bandcamp.com/album/the-sky-was-out-of-tune
Aujourd’hui je vous emmène dans l’univers anarchique mais fondus de valeurs de Crack Cloud. Ils sont bien plus que tout ce qu’on peut en dire, collectif d’action pour aider les #drugs addicts de Vancouver au Canada. Ils sont aussi un collectif de musiciens (et ex-addicts pour certains) ayant mis sur un album, toute la destruction liées aux produits et tout l’espoir que la vie sans eux peut porter. Entre #postpunk AfterRock et NewHipHop, l’ensemble est un patchwork, comme le sont ces vies déchirées et recousues. Un petit bijoux de matière sonore, un objet sonnant non identifié qui ne peut que plaire ou bousculer.
Discog magnifique !
Aujourd’hui, je vous emmène dans l’univers de Mark Van Hoen, Aka Locust. Petit nouveau de la scène de Croydon, dans le Grand Londres puisqu’il s’inspirait déjà en 82 de Cabaret Voltaire, Kraftwerk et Tangerine Dream quand il composait sur son premier synthétiseur. L’album du jour est très polymorphe, de nombreux feats et une genèse artistique consécutive d’une tournée, un album studio très nostalgique et organique entièrement conçu sur scène. Ceux qui le suivent, allez y, c’est un grand cru, tout y est, les autres dépêchez vous sa discog est un indispensable !
#SynthPopWave
Je vous pose au milieu du bdcmp:
https://markvanhoen.bandcamp.com/track/white-light-with-olive-kimoto
https://www.youtube.com/watch?v=JSpQb8qPIMM&list=OLAK5uy_miOlrE2CCkZnwnNTJcfUGg8vcWcc_xFbU
Aujourd’hui je vous emmène en Slovénie, dans le #Skygaze de Gnoomes. Sasha et Masha Piankov sont un couple russe qui a choisi de s’exiler pour échapper à la guerre, à l’enrôlement de force ainsi qu’à la répression des artistes et voix dissidentes. Leur son est une sorte de fusion de #Krautrock , #Shoegaze et de #Techno. Un son lourd, massif, attractif et explosif. Une sorte de triple hélicoïde dans laquelle tout interagit au service de l’invocation.
Leur déracinement et les pressions du régime russe transparaissent directement dans les textes de leurs morceaux. Personne ne devient un immigré sans en souffrir.
Une pure merveille ☝️🥰.
Aujourd’hui je vous emmène dans l’univers éolien d’Erika Sirola & Murrettumeri. Une voix pop venue des grands espaces rencontre un orgue qui semble avoir traversé les siècles. Deux mondes opposés mais étrangement symbiotiques, quelque part entre Julianna Barwick, DCD et les silences d’Arvo Pärt. Leur musique ne cherche pas à remplir l’espace mais à lui donner une respiration, à faire sauter la toiture. La voix est lumière, l’orgue désacralisé le paysage de ce monde devenu trop lourd, qui nous avale à force de bruit, d’images et de gravité. Parfois il faut déposer ce poids quelque part. Pourquoi pas Ici, pourquoi pas dans la musique.
https://www.youtube.com/playlist?list=OLAK5uy_kJBNPkcSvqoTHFyzwYxOy9VqUhuC5be8Y
Aujourd’hui je vous emmène dans une magnifique histoire intérieure, on part en Corée du Sud avec Park Jiha. Avec elle le passé ne dort jamais vraiment. Il survit dans les fibres des instruments (Yanggeum, Saenghwang, Piri) comme une mémoire froide sans langage, un parchemin où chaque souffle, chaque frappe, chaque vibration réveille des vestiges de vie et des mélodies intemporelles. La vie comme la musique est un mouvement perpétuel de disparition et de renaissance où l'ancien nourrit inlassablement le présent. Si la mort peut danser c'est parce qu'il existe des musiciens partout dans le monde pour accomplir ce miracle.
Aujourd’hui je vous emmène dans l’univers magique de Nozomi Omote, percussionniste japonaise, et Thomas Green, shaman de l’électronique et australien. La magie n’existe pas et pourtant leur musique peut transformer notre perception du temps, des lieux et de la mémoire pour nous ramener à un endroit où nous étions vingt ans auparavant, donner l'impression qu'un lieu existe alors qu'il n'existe pas, parfois provoquer une sensation de déjà-vu. Leur sonorité est unique parce qu’elle vient d’objets inhabituels qu’ils collectent et transforment en instruments de musique. Un pont entre électroacoustique et matières résonnantes.
Un bijou.
https://shugorei.bandcamp.com/album/memories-of-magic-mah-no-kioku
RE: https://piaille.fr/@Lambdachro/114218719895542339
Petite rediff.
Cet album est absolument indispensable.
RE: https://piaille.fr/@Lambdachro/114462985965740640
C'est la fin de l'été et comme d'habitude je vous fais quelques rediffs d'albums indispensables.
Aujourd’hui je vous emmène dans le #TripHop de Youssef Labidi Aka Ucef puis Obsqure. Il est Tunisien et a rejoint Toronto pour produire sa musique comme il la voulait, libre et ouverte. Exactement comme le piano arabe qui est le trait d’union entre tradition et modernité, Labidi conjugue et catalyse une union, un processus créatif pour aller de l'électronique vers son identité culturelle, le tout au format cinémascope, en grand angle. La rencontre des mondes, l’harmonie de sa musique. Archive, Massive A. ne sont pas loins.
Je vous laisse entrer au milieu du Tabula Rasa sorti en 2018, foncez sur sa discographie absolument magnifique.
Aujourd'hui je vous emmène dans l’univers sublime et étrange d’Anja Plaschg, aka Soap&Skin. Un album façonné par les paysages sombres de sa Styrie natale. Autrichienne, elle compose une musique où le piano, les cordes et l’électronique se mêlent dans une sorte d'éclair créatif entre les cuivres mélancoliques de The Divine Comedy et les éclats de lumière et de joie d’Efterklang. Un trait d’union entre néoclassicisme, ambient et musique électronique. Une artiste libre et habitée qui refuse les frontières entre chanson, expérimentation et musique contemporaine.
Ses textes ultra-conscients sont ciselés d'humour noir.
https://soapandskin.bandcamp.com/album/from-gas-to-solid-you-are-my-friend
Aujourd’hui je vous emmène à Toulouse dans le second album de daoud (sans majuscule).
Il est producteur franco-marocain, et travaille aujourd’hui depuis la ville rose, Toulouse. Natif de Nancy il y a grandi baigné dans la musique (sa mère enseignait le solfège). Il a commencé très tôt la trompette et a intégré adolescent le conservatoire d'Amsterdam. Sa musique fait entrer le Jazz dans le Hip-hop instrumental, la Néo-soul, l'Electro-House, la Drum'n'bass, l'Afrobeat.
Un album très atypique, bourré d'influences riches et diverses éveillé et bouillonnant qui peut résonner peu importe de quel courant d’origine on vient.
Aujourd'hui je vous emmène en Argentine dans l'univers absolument onirique de Chancha Vía Circuito. Il est DJ argentin et il produit depuis de longues années maintenant une sorte de Folktronika totalement habitée et étincelante.
Je vous en dit plus dans une chronique complète sur le blog.
https://lambdachro.fr/2026/08/09/chancha-via-circuito/
Le repouet booste 🫶.
Aujourd’hui je vous emmène dans les arpèges de Garrett Bowers et ses potes aka Juniper Ridge. Le garçon commence à la batterie à 10 ans (et je peux vous dire que le rythme est une qualité d’instrumentiste) pour continuer sur la guitare électrique. Chez lui les standards de ses parents résonnent, le Floyd, Mahavishnu Orchestra, Keith Jarrett. Toute cette musique infuse et l’envie de tout faire et une curiosité illimitée lui donne envie d’apprendre, le mixage, les technologies et missions de l’ingé son, le mastering et plus tard la production. Un DIY pur jus, discret, au bord de la timidité publique.
Aujourd’hui je vous emmène dans la scène Japonaise de Nav Katze. Formé en 1984 le duo de Tokyo n’a jamais cherché à plaire ou à suivre les tendances. Presque 20 ans d’avance bien avant que le Shoegaze japonais ou l'IDM ne deviennent des références. Leur son est vraiment unique, il flotte et résonne, fragile comme un souvenir et vivant comme un torrent de montagne. Les rythmiques sont folles et les textes mettent des mots simples sur les sentiments. Des états d’âmes qui ont été sublimés par des remix devenus cultes, Aphex Twin, Autechre.
Absolument nécessaire dans une discothèque qui se respecte.
https://www.youtube.com/watch?v=IWkNf-F3Rj8&list=PLKncFrrBQZBKHOzU9UXbjeheOi9ZfLkDI&index=2