Aujourd’hui je vous emmène à Melbourne en Australie dans la discographie ultra singulière et différente de Benjamin Fitchett Aka Panda Rosa, une toile de son qui se construit en même temps qu’elle se dissout. Un artiste qui emmène la musique dans le domaine des arts plastiques, en proposant des sculptures, de la peinture à l’huile tout en relief et en matière, quelque chose qui dépasse les lois de l’espace sonore.

Il est juste ado quand il commence à pratiquer la musique en 2015, il est seul dans sa piaule avec un ordi, un sampler et des synthés virtuels, une batterie, sa guitare électrique. Il est jeune, et pourtant tout ce qu’il exprime est teinté d’expérience et de détermination. Il mènera la suite de sa production de façon extrêmement discrète et il continue encore aujourd’hui à produire de façon régulière, étoffant une discographie qui n’a pas d’équivalent, nulle part. Sa musique est un flux, une sorte de boule d’énergie.

Certaines personnes ont beaucoup de difficultés à ressentir le sentiment d’être unifiée, d’être une seule forme entière et intègre. elles se sentent multiples. Leur palais mental ressemble plus à des labyrinthes de pyramides égyptiennes qu’à un paisible pavillon bourgeois et bien rangé. Un palais immense aux allures d’espaces liminaux intrigants, attirants mais jamais effrayants. 

Je voudrais bien vous dire « sa musique » c’est ceci ou c’est cela mais aucun genre ne lui convient. Vouloir genrer la musique est parfois impossible. Comme pour certaines personnes qui ne se retrouvent dans aucun genre,  la musique devient fluide, fluide non newtonien, à la fois solide et liquide, d’aucune racine, d’aucune source, simplement magnifique car elle est elle-même sans ressembler à rien d’autre. Multiple et à l’image d’un patchwork, sa musique est un univers, une galaxie au sens propre, comme au sens de ceux qui se sentent malgré eux, perdu dans l’espace, éloignés de la réalité, eloignés car elle est froide agréssive et violente.

Cette distance, cette réalité, cette distance, cette réalité encore, une oscillation, une fréquence, une harmonique, une mélodie.

Voilà ce qu’est la musique de Benjamin Fitchett, quelque chose d’unique et aussi une expérience très participative, car sans la participation de l’auditeur, son propos n’est qu’une sorte de fouillis qu’on arrive d’ailleur pas décrire, voyez comme je galère depuis tout à l’heure à vous en parler avec de simples mots, ces mots dont le sens ne sert plus à rien face à ce genre d’expérience. Une expérience étrange qui peut être résolue par la rencontre que votre esprit va faire avec sa musique.

Sentez vous à l’aise de ne pas aimer un morceaux, passez au suivant, dites vous que ce n’est pas le bon jour et revenez-y plus tard, et d’ailleurs c’est sûrement après avoir fini l’album que vous retournerez vérifier, voir si vous aviez bien entendu, si vous aviez mal compris, si ce que cela provoquait n’était pas, au contraire de l’inconfort, une émotion simplement inconnue. 

Une des rares photo de lui, en 2015, il a alors seulement 16 ans.

On commence par le Burned Car Highway Light Volcanic. Faites-le dans un moment calme, profitez si vous avez le temps de plonger de façon attentive. Vous allez vous sentir comme aspiré, ne luttez pas.

Puis je vous invite sur le Threatened With… ………A Remix Album….. (absolument génial).

Le reste de sa discographie, essentiellement sur Bdcmp vous attends. Allez surtout voir Pacific Weather Patterns son projet avec Elijah Knutsen, c’est magnifique.

Prenez soin de vous.

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